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Avec les perspectives d’une population à 9 milliards à l’horizon 2050 et les impacts attendus du changement climatique tant sur les écosystèmes naturels que cultivés, garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) de tous, tout en favorisant la mise en place d’une agriculture durable, préservant les écosystèmes terrestres et la biodiversité (Objectifs 2 et 15 du Développement Durable des Nations Unies), font parties des enjeux majeurs pour le développement futur de notre société. Ces enjeux sont d’autant plus forts pour le continent africain où les problèmes de sécurité alimentaire sont parfois endémiques et où une érosion de la biodiversité et une surexploitation des terres agricoles et des ressources ligneuses sont déjà observées. En outre, on estime que dans les pays en développement, la SAN de la majorité des exploitations familiales dépend de paysages agricoles diversifiés et polyvalents (Godfray et al., 2010). Ces pratiques permettent non seulement accroître la sécurité alimentaire, nutritionnelle, économique et la résilience des populations face aux chocs mais également de produire un certain nombre de services écosystémiques (Mbow et al., 2014).

Cependant, force est de constater que la dimension paysagère est aujourd’hui peu prise en compte dans les études portant sur la sécurité alimentaire, en raison notamment d’une double frontière : sectorielle d’une part car cela nécessite de combiner la production agricole avec des approches paysagères qui sont issues du domaine de l’écologie du paysage ou de la conservation environnementale et d’autre part une frontière scalaire car les approches agronomiques sont généralement abordées à l’échelle de la plante voire de la parcelle, alors que les approches socio-économiques sont plus réalisées à l’échelle des ménages ou de l’exploitation. Ainsi,  nous posons l’hypothèse que les questions de productivité des systèmes de cultures autant que de SAN et moyens d’existence des populations rurales doivent être raisonnées à l’échelle du paysage pour favoriser la mise en place de paysages polyvalents et diversifiés. Nous relatons ici les travaux menés par le Cirad et ses partenaires sur le lien entre diversité paysagère et sécurité alimentaire des ménages ruraux sahéliens au travers de deux thématiques :

  1. l’impact sur les rendements des principales cultures alimentaires
  2. les stratégies de sécurité alimentaire des ménages ruraux

En particulier, ces travaux traitent de la place des arbres, notamment les arbres présents dans les champs, au sein des paysages cultivés et la façon dont la composition et structuration du parc arboré contribue à la productivité des systèmes cultivés et entre dans les stratégies de ménages en terme de moyens d’existence et de SAN.

Ces travaux de recherches portent sur des paysages agricoles sénégalais et sont supportés par deux projets :

  • LYSA, financé par le CNES, qui se focalise principalement sur le développement de méthode de télédétection pour l’estimation des rendements intégrant la dimension paysagère
  • SERENA, financé par le métaprogramme GloFoodS, qui se concentre sur le rôle des arbres dans les stratégies des ménages ruraux en matière de moyens d’existence et de SAN à l’échelle du paysage.

Images

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Godfray, H.C.J., Beddington, J.R., Crute, I.R., Haddad, L., Lawrence, D., Muir, J.F., Pretty, J., Robinson, S., Thomas, S.M., Toulmin, C., 2010. Food security: the challenge of feeding 9 billion people. Science (80-. ). 327, 812–8. doi:10.1126/science.1185383

Mbow, C., Van Noordwijk, M., Luedeling, E., Nuefeldt, P., Minang, P.A., Kowero, G., 2014. Agroforestry solutions to address food security and climate change challenges in Africa. Curr. Opin. Environ. Sustain. 6, 61–67. doi:10.1016/j.cosust.2013.10.014